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lundi 2 janvier 2012

Lise de la Salle entre fulgurance, passion et intériorité

Instant musical


Vous avez 52 minutes devant vous?

Alors je vous invite à partir pour un merveilleux voyage pianistique avec Lise de la Salle, ici aux prises avec un récent programme de tout premier plan.

Ne parlons pas de la technique pianistique, parachevée, fulgurante par moment. Et laissons-nous porter par une maturité expressive saisissante pour une si jeune interprète (qui compte néanmoins déjà à son actif de très grandes collaborations et de très beaux enregistrements).

Qu'il s'agisse des traits lyriques ou des passages de pure virtuosité; des opus (ou passages) ou la structure prime ou ceux dans lesquels la couleur sonore prévaut; des temps où il s'agit de révéler la puissance symphonique du piano ou de ceux lors desquels la puissance évocatrice intime doit l'emporter, l'intériorité comme la richesse émotionnelle sont présentes; la palette sonore est d'une variété et d'une extension exceptionnelle; la maîtrise des variations d'intensité est parfaite; la dynamique est rare.

Rien ici n'est gratuit. Rien n'est artificiellement agencé. Le sens de la ligne est très développé, autant que celui de la nuance et du timbre. Et l'on est conduit par la pianiste avec une sûreté stupéfiante dans un univers sonore d'une grande complexité qui est apprivoisé et nous est offert avec, simultanément, une grâce subtile et un tempérament pianistique de feu.

Lise de la Salle aime passionnément son instrument, et se prête ici autant à un magnifique exercice de révélation des oeuvres que de manifestation de la richesse intrinsèque du piano. Elle n'ouvre pas des horizons; elle ne révèle pas des perspectives: elle explore des univers sonores dont cet instrument là est, sous ses doigts et à travers le prisme de sa pensée artistique, un passeur unique.

On est sort fasciné, subjugué, et presque épuisé, mais comblé, d'avoir parcouru autant de mondes sonores avec autant d'intensité.

Superbe.
Non, pas superbe. Sublime!

ps: et si vous n'avez pas 52', programmez-les!... Ou effectuez quelques petits sondages et vous constaterez à quel point il est urgent de les prendre...





lundi 3 octobre 2011

Aldo Ciccolini: le corps à l'âme



A mon père. A mon fils

Le Nocturne opus 9 de Chopin donc. Par le magnétique Ciccolini. Où tendresse ne rime jamais avec mièvrerie. Où la richesse des émotions est saisissante. Où les mains du pianiste exécutent un ballet dans lequel le corps à corps est le maître mot. Le corps à l'âme devrait-on dire. 

Cet imperceptible ralentissement et contretemps de la main gauche qui crée la tension. Cette ligne et ce chant qui se déploient avec une subtilité infinie à la main droite. Cet univers contrasté et serein à la fois. Ce son sculpté avec une élégance indescriptible. Et ce piano Fazioli qui prolonge magnifiquement- faudrait-il dire divinement, cette intention créatrice. 



Ecouter  sur Youtube

Ecouter l'opus 9 de Chopin par Aldo Ciccolini sur Youtube