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jeudi 5 janvier 2012

En écoutant la 30ème sonate pour piano de Beethoven par Murray Perahia

Instant musical

(En écoutant l'andante molto cantabile ed espressivo de la Sonate pour piano N° 30 de Beethoven interprétée par Murray Perahia. Enregistrement public lors d'un concert au Concertgebow d'Amsterdam donné le 22/06/2003)

Un sommet pianistique, architectural, rythmique et expressif, celui de la 30ème sonate pour piano.

Sous les doigts virtuoses et subtils, et à travers le prisme émotionnel bouleversant du grand Murray Perahia.

Il est difficile de faire plus "andante molto cantabile ed espressivo" que ça.

Laissez-vous envelopper, attendrir, porter, soulever, dérouter, envahir, traverser, transporter avec bonheur.

Tout ici "chante" dans une ligne qui se déploie dans une inventivité permanente, avec une grâce infinie si empreinte de douceur, de force, de passion tout à la fois.

Quand Beethoven réinvente le rythme et la construction (avec une fugue magnifique en hommage à Bach à partir de 4:16, mais complètement revisitée) tout en favorisant l'élan, le mouvement, la création instantanée, et que Perahia emprunte ces chemins inédits là, tout nous parle de vie, de pulsion originelle, d'évolution créatrice de soi, de plaisir d'exister.

Que pourrions-nous désirer de plus que de nous inventer nous-mêmes en laissant chanter la musique en nous?





mercredi 23 novembre 2011

Martha Arguerich et la Toccata BWV 911 de Bach

Instant musical

A propos de l'interprétation de la Toccata BWV 911 en C mineur de Bach par Martha Argerich


Voici l'une des fugues (celle d'ouverture ensuite modulée) pour lesquelles un musicien épris de musique polyphonique rêverait d'avoir été.... Bach! (Dit comme un respectueux hommage et non un acte d’orgueil.) 

Bach nous entraîne ici dans un édifice dans lequel tout, absolument tout est pensé. Rien ne peut être déplacé, ôté, ajouté. C'est époustouflant de rigueur et d'ordre. D'autant plus qu'au delà de cette "organisation", on oublie totalement cette structure contrapuntique pour se laisser porter par la puissance, la richesse, l'inventivité du motif qui se déploie.

Bach ou l'art de réinventer la liberté créatrice par la maîtrise absolue de la matière et de la forme sonores.

Ici sous les doigts et dans le creuset esthétique de la fulgurante Martha Argerich.

Sublime.



vendredi 28 octobre 2011

Bach, Gould et l'univers



Lorsque Bruno Monsaingeon demanda à Glenn Gould, lors d'un tournage, ce à quoi cette fugue grandiose lui faisait penser, Gould répondit ceci: 
"C'est comme un univers en expansion infinie".

On ne pouvait mieux circonscrire à la fois la puissante intériorité et le déploiement irrésistible de cette pièce magistrale entre toutes parmi les préludes et fugues complexes du deuxième cahier du Clavier Bien Tempéré.

Si une fugue peut être dite "cosmique", c'est bien celle-ci. Fermez les yeux et laissez-vous emporter aux confins de l'univers. Et au-delà. Touchant du doigt dans une expérience à la fois esthétique et métaphysique unique, le mystère des origines et celui de la création.