Affichage des articles dont le libellé est protection sociale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est protection sociale. Afficher tous les articles

jeudi 17 novembre 2011

Petite métaphore aéronautique à propos de la dignité des personnes fragilisées



(Lui) Vous avez vu, il a fait 2000 sorties en Libye notre Rafale! C'est un avion de tout premier ordre. Qui dispose d'un potentiel technologique de vol unique, de capacités physiques spectaculaires, d'une technologie militaire parmi, si ce n'est la plus poussée. Certainement le meilleur appareil au monde. Apte à remplir toutes les missions envisageables: frappe, reconnaissance, soutien, surveillance. Tout!

(Les autres) Mais il est très cher. Trop cher. De plus, et depuis des années, vous n'en avez pas vendu un seul malgré vos annonces fantaisistes à propos du Brésil. Vous n'avez donc aucun retour d'expérience technique ou économique à nous montrer dans le domaine du suivi d'une éventuelle commande.

(Lui) Mais notre utilisation de cet appareil en situation de guerre réelle en Libye fournit une base exceptionnelle de réflexion, de travail, et de suivi commercial. Ce qu'il a pu faire là dans le cadre du mandat reçu de l'ONU, le Rafale peut le faire sur n'importe quel théâtre d'opération avec la même efficacité. Regardez la façon dont nous avons pu l'intégrer à un dispositif militaire international coordonné exigeant. Il sera le fleuron de votre force aérienne.

(Les autres) Non. Il est trop cher. Nous ne voudrions pas non plus fausser la concurrence en subventionnant indirectement votre secteur de l'industrie aéronautique, puisque vos entreprises phares n'ont pas conclu une seule vente, pour un avion dont ne nous voulons pas et que nous vous achèterions uniquement pour faire plaisir à la France. 
Il va déjà falloir vous sauver de la faillite vous et vos amis européens, en mettant la main à la poche pour racheter votre dette à travers le FESF. Vous nous coûtez cher et en plus il faudrait vous aider en achetant un avion dont nous ne voulons pas. Non, c'est non. Pas de Rafale.

(Lui, Tendant la main; tout à coup implorant; gémissant) S'il vous-plaît, pitié, notre secteur de l'industrie est moribond, c'est une catastrophe. Même si nous venons de vendre 50 Airbus A320 et 3 ATR42-600 durant le salon de Dubaï, la France va très mal avec un recul de 50% de la part de l'industrie dans la valeur ajoutée; avec 4 millions de chômeurs. 
Peugeot, la BNP, la Société Générale ( [S'énervant, tout à coup presque agressif ] alors que nous les avons tous aidés ceux là. Qui plus est sur le dos des citoyens, ce qui risque bien de me coûter ma réélection. Les ingrats! [Puis retombant, au bord des larmes]) sont en train de nous jouer un sale tour et je ne peux rien faire d'autre que subir ou habiller les choses pour la communication électorale. Je n'en peux plus de ce pays!
Je vous en supplie! [Joignant les mains, encore plus implorant, puis à genoux], achetez-nous au moins trois rafales. On vous consentira une énorme remise. On fermera même les yeux sur les droits de l'homme si ça vous est utile et que ça vous fait plaisir. Pitié pour notre industrie nationale! [Effondré, sur le sol; en larmes]

(Les autres, Presque offensés, hautains, durs même) Non, trop cher votre Rafale. Et puis ça suffit, arrêtez de tendre la main. Vous perdez votre dignité en agissant ainsi.

(Lui, Encore plus humilié, parlant pour lui même, confus, presque hébété) Je n'aurais jamais pensé qu'il pouvait être si douloureux de devoir tendre la main simplement pour vendre ce qu'on a de meilleur quand personne ne veut vous l'acheter.





mardi 15 novembre 2011

Le Pauv'con, le Président et le Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale



(Le premier) Pardon? 
(Le second) Le "Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale".

(Le premier) A quoi ça va servir? 
(Le second) A rien, compte-tenu de l'effectif pléthorique d'experts du sujet appartenant à la haute fonction publique dont dont on dispose déjà et qui n'empêchent ni n'anticipent quoi que ce soit tant en matière de déséquilibre des branches que de dégradation de la couverture. 
Sachant qu'à ce rythme, de Protection Sociale, il ne va progressivement rester que le nom en raison des contraintes budgétaires, la couverture étant appelée à être largement privatisée. Il faut regarder les choses en face. La Chine nous a d'ailleurs gentiment signifié il y a environ 10 jours, par la voix du patron de l'un de ses grands fonds d'investissement, le Fonds Souverain Chinois (CIC), que la Protection Sociale incarnée par la conception européenne de l'Etat Providence était faite pour les paresseux et les indolents, et que ce n'était pas digne d'une grande économie. A fortiori quand elle s'est fourvoyée avec sa dette et qu'elle a besoin d'aide extérieure. Substantielle qui plus est.

(Le premier) Mais alors?
(Le second) C'est tout simplement un moyen de faire financer sur des deniers publics les mesures qu'un candidat non encore déclaré va intégrer dans son futur programme présidentiel. Mesures qui n'auront donc pas été pensées sérieusement durant tout un quinquennat malgré les enjeux. Et de contraindre son futur concurrent, déjà déclaré lui, à se plier à des thématiques décrétées et imposées par le sortant, jusque dans leur formulation même. Façon fort habile sur le plan politicien de tenter d'enfermer l'adversaire.

(Le premier) C'est légal?
(Le second) Non sur le fond. Oui dans la forme.

(Le premier) Quel va être le coût?
(Le second) Quelle bonne question qui n'a pas été abordée!
(L'Autre) Bon, vous avez fini avec vos questions et vos sous-entendus impertinents? 
C'est moi qui décide et c'est vous qui payez. Chacun à sa place s'il vous plait! 

(Le premier) C'est un peu fort quand même!
(Le second) Certes...
(L'Autre) Oui, et alors? 

(Le premier) Désolé, j'ai du faire une erreur. Je croyais que nous étions encore au sein de la République Française. Vous savez, cette forme démocratique dans laquelle la solidarité, la protection des personnes, de leur santé, de leur famille, de leur vieillesse, sont autant de valeurs qui méritent d'être défendues
(Le second) Ce devrait pourtant être le cas.
(L'Autre) La quoi? "Casse-toi pauv'con" avec tes questions.


capture d'écran du site liberation.fr

Bref discours de la méthode à l'usage d'un Président qui traque la fraude à la Sécu




En définitive, si on accédait à un eugénisme maîtrisé à partir d'une exploitation à la fois systématique, opérationnelle et donc économiquement pertinente du génome humain, et en admettant que la santé comme la totalité de comportement des individus découlent de ce dernier (en d'autres termes, si n'étaient admis à naître que les individus dont la santé future prévue aura un impact maîtrisé en termes de coûts économiques); 

Si l'on ajoutait à cela à la fois un néo-maltusiasnisme bon teint qui amènerait à ne plus soigner les gens qu'en fonction de la rentabilité et de la justification économique du traitement (Nos amis anglais le font déjà, n'est-ce pas. Comme c'est bien. Il faut savoir prendre ailleurs le meilleur des expériences, c'est évident. Vous aurez également tiré toutes les conséquences utiles sur les soins apportés aux personnes âgées, ces odieux improductifs n'est-ce pas...), et à ne plus leur prescrire d'arrêt maladie qu'en fonction de leur capacité future à produire de façon optimale (les critères devant être administrativement et non médicalement définis, cela va de soi);

Si enfin on mettait en oeuvre un système performant et moderne d'exercice de la médecine sous contrôle purement administratif, policier et judiciaire (dont le contrôle comptable constituait en réalité le premier pas, maintenant dépassé de façon explicite et décomplexée dans un système de sanctions sans aucun discernement médical - mais quel gros mot n'a-t-on pas dit!), 

Il n'y aurait plus de problème de déficit de la Sécu; plus de problème de fraude; le gouvernement serait satisfait (ainsi par exemple, Monsieur Apparu, au demeurant Ministre qui ferait mieux de se taire, serait-il satisfait qui situe l'ordre de grandeur à 50 milliards d'euros au lieu d'environ 2 à 3 milliards toutes branches confondues selon les données de la Cour des comptes!); les marchés seraient comblés.

Allons de l'avant: l'eugénisme, le néo-malthusianisme et l'Etat policier sont le nouvel horizon en matière de protection sociale, pour des Etats sous tutelle des marchés. 

Nous vivons dans un monde merveilleux!


Questions-réponses
Pardon? Vous vous interrogez sur l'importance d'une éventuelle lutte contre la fraude aux cotisations de la part des entreprises pour 15 milliards d'euros? 
Mais laissons cela de côté voyons. Enfin, vous savez bien que ce sont les entreprises qui créent l'emploi et qu'il est difficile de toucher à certaines pratiques sans fragiliser l'édifice. Soyez responsable à la fin.

Pardon? Les entreprises créent de moins en moins d'emploi dîtes-vous? 
Ce n'est pas faux, mais vous devez savoir vous remettre en cause et vous adapter à une économie en profonde mutation qui peut-être, n'a plus les mêmes besoins en termes de ressources humaines.

Pardon? Vous avez bien dit que vous "ne voyiez plus exactement quelle est la place de l'homme dans ce système global là"? 
Nous vous comprenons, mais rassurez-vous, nous travaillons activement, pour votre bien, à ce que n'existent plus que ceux qui sont rigoureusement nécessaires à l'alimentation parfaitement maîtrisée sur un plan comptable de la machine économique qui fait vivre nos nouveaux maîtres à tous: les Marchés. Il serait temps de comprendre le véritable sens de l'histoire. Un peu de civisme!


Capture d'écran du site lemonde.fr