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vendredi 4 novembre 2011

De la bestialité et de l'irrationnel en politique




Lors du G20 de Cannes, le 3 Novembre 2011, après qu'un proche de l'Elysée se soit vanté que la France et l'Allemagne parlent de façon "brutale" (sic) à la Grèce, en relation avec son initiative sur le référendum.

*

De la sauvagerie ordinaire. De la montée de l'irrationnel et des dégâts quelle peut occasionner. De l'effet aggravant des crises qui nous éloignent de la culture et des valeurs.

"Le retour à la bestialité est possible dans une société comme la nôtre. En raison de la désorganisation des mentalités, des crises d'hystéries généralisées, tout cela aggravé par les crises économiques.
René-Victor Pilhes



Capture d'écran du site lefigaro.fr




jeudi 3 novembre 2011

Du G20 de Cannes et de la croissance




En direct lors de la conférence d'ouverture du G20 de Cannes le 3 Novembre 2011, lors de laquelle Nicolas Sarkozy s'exprime. 

"Nous avons besoin des Etats-Unis" (...)
"Nous devons remettre le monde dans une stratégie de croissance et de stabilité" (...)

1) Que nous ayons besoin des Etats-Unis, c'est une évidence! Car la zone euro est entrée dans une phase de turbulences impensable et préjudiciable à l'ensemble de nos partenaires économiques. Mais ce n'est pas un hasard. Il fallait anticiper. Ce qui était possible. Mais qui n'a pas été fait. Gouverner c'est prévoir. Ils n'ont pas prévu.

2) Comme il est agréable d'entendre pour la première fois depuis bien longtemps le mot "croissance". Le grand absent du dernier sommet de crise européen; le fantôme de l'accord et du plan de sauvetage intervenu; le mal caché qui se tient derrière le référendum grec et qu'aucun Etat ni négociateur n'aura regardé véritablement en face jusqu'ici.

3) J'observe également que le Chef de l'Etat prend acte, si l'on doit "remettre" le monde dans ce sens là, que la croissance n'est plus là. Autrement et plus rigoureusement dit, nous sommes bel et bien entrés en récession. Bien. On commence à regarder la réalité en face. [ Les politiques devraient être psychanalysés plus régulièrement (l'utilisation des mots pour le dire ...) ]. 

Regardons donc de très près comment ceux qui sont en train de plomber l'économie mondiale en raison de leur dette et nonobstant leur PIB, malgré les plans de rigueur qui se succèdent au mépris des intérêts des citoyens, je veux dire les européens, vont s'y prendre. 

Un sommet à très haut risque. Même une chose capitale comme la taxe sur les transactions financières, au demeurant impérative, se trouve comme éclipsée par la probable explosion de la zone euro à travers le sort de la Grèce. 
Captivant.

Capture d'écran du site libération.fr

mercredi 5 octobre 2011

De la financiarisation de l'économie, de Dexia et des banques




"Bad bank", "junk bonds", "confiner les actifs à risque", "parquer les actifs toxiques". Lorsqu'on m'apprit la finance, naguère, tous ces mots n'existaient pas. Je suis donc, comme d'autres, un dinosaure qui aura assisté en temps réel à la financiarisation de l'économie. C'est à dire, et de façon factuelle, à la destruction de l'économie de production alors que précisément, la financiarisation aurait du servir au déploiement de ce que l'on nomme aujourd'hui "l'économie réelle" par opposition à "l'économie spéculative". 

Certains disent qu'on peut enrayer le processus. Je n'y crois absolument pas. Il est déjà trop tard. Dexia en apporte une nouvelle preuve s'il en était besoin: après avoir soutenu un banque structurellement déséquilibrée dans ses activités, et ce en faisant appel au contribuable, on procède 3 ans plus tard à un démantèlement en bonne et due forme. En confinant les actifs toxiques, précisément. Et en garantissant les créances et les dettes... à nouveau avec l'argent du contribuable.

Mais des actifs toxiques, MM les politiques, il y a plein les bilans de toutes les banques. Et les dettes souveraines sont en train de devenir des "méta" actifs toxiques, qui plus est dans une économie mondialisée et d'interdépendance universelle. D'où le risque systémique, n'est-ce pas.

Si vous deviez décider maintenant, tout de suite, de façon concertée, de mettre en oeuvre une gouvernance financière digne de ce nom, par exemple en imposant de façon immédiate des niveaux de capitaux et de fonds propres visant à équilibrer les dits actifs toxiques ou très risqués (beaucoup plus vite et dans une proportion beaucoup plus importante que celle imposée par le Traité de Bâle III ,donc), aucune banque n'y résisterait. Ce serait l'effondrement global et immédiat. Elles n'en ont pas les moyens. Elles ne sont pas solvables. Malgré leur communication. Et les Etats encore moins qui sont les débiteurs de ces mêmes banques à travers leur dette publique.

Voilà pourquoi les banques font un tel lobbying pour différer l'échéance. Voilà pourquoi vous ne le leur imposez pas et ne le ferez jamais. Voilà pourquoi les Etats sont devenus les prisonniers des acteurs financiers. Voilà pourquoi les contribuables sont condamnés à supporter les dérives de la financiarisation, signant un chèque en blanc à travers leurs dirigeants. Voilà pourquoi l'économie de production est définitivement morte et pourquoi l'économie financière est désormais condamnée à s'auto-alimenter, s'auto-justifier en détruisant l'ensemble de l'économie réelle sur son passage, et en auto-réalisant les risques et l'effet domino, à chaque secousse amplifiés de quelques degrés. 

Au fait, MM les politiques, de quoi parlez-vous exactement quand vous êtes réunis en G20, en G7 ou en Sommet de la zone euro; et surtout, que décidez-vous ici et maintenant pour faire face à cette réalité économique là?

Capture d'écran du site 20minutes.fr