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lundi 9 janvier 2012

A propos du motet "Omnes gentes plaudite" de Palestrina par l'Ensemble Officium

Instant musical



Que diriez-vous de prendre un peu de hauteur et de laisser entrer la joie?

Avec un splendide motet à 8 voix de Palestrina, dont le texte est en soi une invitation explicite à la louange universelle.

Un motet porté par les voix du remarquable "Ensemble Officium" (http://www.ensemble-officium.de/french.html pour le découvrir davantage). Une formation qui fait merveille dans la musique de la Renaissance, distinguée notamment dans et par ses interprétations de Palestrina, avec un chef, Wilfried Rombach, qui dispose également d'une grande culture du chant grégorien, ce qui s'entend notamment dans la coïncidence parfaite opérée entre le son et le mot jusqu'à la syllabe.

On goûtera ici la superbe expressivité associée à une intensité à la fois grande et parfaitement maîtrisée liée à l'amplitude de chacune des voix, à leur limpidité, à l'extension des tessitures, à la sobriété extrême de l'interprétation des ornementations, à la recherche d'une proportion parfaitement contrôlée de chaque registre, à la subtilité des altérations, à l'éclat apporté à la valorisation du texte latin (que je vous propose en version originale intégrale ci-après, pour un plaisir linguistique et sémantique augmentant d'autant la satisfaction esthétique musicale, s'agissant du psaume 46).

Le résultat est une polyphonie a cappella incandescente, non pas seulement brillante mais lumineuse, jamais maniérée et d'autant plus évocatrice, d'une divine simplicité malgré (grâce à, et c'est là toute la grandeur de la multiplicité dans l'unité qu'incarne cette forme musicale) la complexité extrême liée au décalage parfois très important des voix par moment résorbé sur 2 syllabes seulement, qui porte infiniment haut la louange et l'exultation évoquées. 

Une interprétation exceptionnelle d'une oeuvre jubilatoire.

Belle écoute !

Omnes gentes, plaudite manibus:
iubilate Deo in voce exsultationis.
Quoniam Dominus excelsus terribilis:
rex magnus super omnem terram.
Subiecit populos nobis;
et gentes sub pedibus nostris.
Elegit nobis haereditatem suam;
speciem Jacob quem dilexit.
Ascendit Deus in iubilo:
et Dominus in voce tubae.
Psallite Deo nostro psallite;
psallite regi nostro psallite.
Quoniam rex omnis terrae Deus:
psallite sapienter.
Regnavit Deus super gentes:
Deus sedet super sedem sanctam suam.
Principes populorum congregati sunt
cum Deo Abraham: quoniam dii fortes
terrae vehementer elevati sunt.

Psaume 46





vendredi 6 janvier 2012

A propos de l'andante du concerto K 453 de Mozart par Jeno Jando

Instant musical


Est trop éreinté pour faire appel sans limites à Calliope, Melpomène voire Thalie Clio ou Polymnie, afin de tenter humblement de les séduire de telle sorte qu'Erato, Terpsichore, Euterpe et pourquoi pas Uranie (la musique des sphères, n'est-ce pas), dans un harmonieux ballet passant outre leurs grâces spécifiques, puissent exprimer à travers cette perle de collegium d'interprètes, je veux dire le pianiste hongrois Jeno Jando et le Concentus Hungaricus, sous la direction de Matyas Antal, découverte il y a peu, toute la beauté de ce second mouvement du concerto pour piano N° 17 K 453 de Mozart.

Vous a retrouvé ce matin avec l'andante d'une symphonie en ut majeur du génie qui n'est pas autrichien mais salzbourgeois, comme il aimait à le dire de lui-même, ce qui n'est en réalité pas du tout qu'une élégante plaisanterie, tant le géant a su inventer un style qui emprunta le meilleur du brillant esprit viennois d'alors sans y sacrifier une profondeur et une élévation métaphysiques et sublimes qui sont sa marque.

Confirmera donc ce soir cette harmonie, vous quittant avec un autre andante, d'un concerto en sol majeur celui-là, qui a en commun avec le premier une merveilleuse expressivité, une ligne mélodique et harmonique d'une très grande pureté (qu'on écoute par exemple l'entrée bouleversante du hautbois auquel la flûte puis le basson viendront offrir un splendide contre-chant, la nappe des cordes supportant ce gracieux déploiement sonore jusqu'à l'entrée du piano, presque immatérielle et d'emblée infiniment subtile, à 1:55). 

Un 17ème concerto entre paix et inquiétude, la constante étant structurelle chez Mozart, avec une éblouissante utilisation d'un mode mineur inquiétant, obscur et presque angoissé, exactement la même que celle qu'on retrouvera un an plus tard, en 1785, dans ce qui est certainement la clé de voûte de l'édifice pianistique mozartien, le 20ème concerto K 467 en... ut majeur (Comme tout cela est logique quand on y regarde de très près, qui explique si bien la profonde unité de nos perceptions intimes et émotions musicales).

Espère que vous goûterez le même plaisir raffiné et intense à retrouver ce Mozart là, comme à réentendre et peut-être découvrir cette formation et ce pianiste, Jeno Jando, je répète son nom à dessein tant la Hongrie qui s'est vue placée à son corps défendant sous les feux de l'actualité pour de mauvaises raisons dont j'ai parlé Lundi sur ce mur, mérite mieux dans l'excellence de sa culture que les vociférations d'un indigne politique. 

Un pianiste qui a joué avec les plus grandes formations au monde et dont l'extrême retenue associée à une exécution presque ascétique enveloppée dans une présence émotionnelle forte, fait ici merveille pour exalter la délicatesse de l'envoûtante esthétique musicale de l'andante de ce concerto légendaire. 




dimanche 1 janvier 2012

Emma Kirkby et Monteverdi

Instant musical



Rien de tel que l'exploration des sources pour ancrer l'avenir. 

A fortiori lorsqu'elle est animée par des artistes comme la soprano Emma Kirkby, éminente spécialiste et talentueuse interprète de la musique ancienne. Ici dans le répertoire de Monteverdi qui lui est moins connaturel, mais où son approche "anglaise" fait néanmoins merveille.

Et si vous souhaitez en savoir davantage sur Emma Kirkby, il suffit de suivre ce lien vers Wikipédia ou celui-ci vers son site



jeudi 22 décembre 2011

De la peine et de l'amitié à travers les cultures musicales


Instant musical

(Quand la musique et les paroles de l'amitié transcendent et se rejoignent par delà comme à travers les cultures)

*


Non Jeff, t'es pas tout seul
Danse,
(Avec Jacques Brel)

Un p'tit effort 
Danse,
(Avec Edith Piaf)

Voilà c'est ça
Danse, danse,

La lala la lala,
Danse, danse, danse!
(Avec Charles Aznavour)




samedi 17 décembre 2011

Matin d'avant Noël avec l'Ave Verum Corpus K 618 de Mozart

Instant musical



Tout l'art de Mozart: une sublime (divine?) simplicité.

Pour un froid Samedi de Décembre d'après tempête.
Alors que les yeux des enfants émerveillés sont tournés vers Noël si proche désormais.

Ou l'on voit, sent, vibre, s'ébranle, pleure peut-être même, entrant dans un tel univers sonore de paix, de douceur et de serenite.
Comme une caresse ou un regard d'une infinie tendresse qui sauverait définitivement de tout ce qui est laid ou mal ou cruel.
Comme une réponse évidente et insondable à toute interrogation.

Où la matière sonore devient elle-même vie.
Où l'on peut s'abandonner, d'être ainsi protégé de tout.

Ici sous la baguette de l'infiniment subtil Riccardo Muti, à la tête du Philharmonique de Berlin avec le Chœur, admirable de cohésion, d'intensité et de finesse, de la Radio Suisse Romande.

Beau, doux et paisible Samedi à vous tous mes amis, et à vous aussi, cher lecteur!





mercredi 7 décembre 2011

Indispensable tendresse, avec Bourvil

Instant musical

( ...) ♪♪ ♫♫ ♪♪ (...) Avec Bourvil interprétant "La tendresse"


(...)
On peut vivre sans richesse, 
Presque sans le sou,
(...)
Mais vivre sans tendresse,
On ne le pourrait pas,
Non, non, non, non,
On ne le pourrait pas
(...)

Pas faux. Si vrai.




Histoire de A

Instant musical



Que de "A" et de "Pa" joyeux si divinement composés et chantés. Ici dans le souffle des géants que sont Montserrat Caballé et Thomas Quasthoff.

Histoire de compenser une autre mélodie sur un air de "A" et de faux-"pas" nettement plus funestes ceux là, avec des compositeurs exécrables, des critiques odieux, et un public atterré sans doute.





lundi 5 décembre 2011

Clopin clopan


Instant musical


Comme un Lundi de Décembre sans doute




dimanche 4 décembre 2011

Jardin d'hiver

Instant musical

( ...) ♪♪ ♫♫ ♪♪ (...)   Avec "Jardin d'hiver" d'Henri Salvador


Et mourir de plaisir.




samedi 3 décembre 2011

S'envoler, avec Let It be des Beatles


Instant musical

( ...) ♪♪ ♫♫ ♪♪ (...)   Avec Let It be de et par les Beatles


Laisser souffler ce vent qui me parle un singulier langage, dont je suis follement épris.

M'envoler.





En écoutant Il n'y a plus d'après par Juliette Gréco


Instant musical

( ...) ♪♪ ♫♫ ♪♪ (...) Avec la Chanson "Il n'y a plus d'après" interprétée par Juliette Gréco


Puisqu'il n'y a plus d'autrefois, alors nous sommes éternellement jeunes...

Entre bonheur et nostalgie.

Merveille!



lundi 28 novembre 2011

Tatyana Nikolaïeva et l'école russe

Instant musical


L'Ecole russe dans toute sa splendeur.
Puissance, clarté, précision absolue, intensité, continuité, intelligence à fleur de clavier, fulgurance.
Pour prendre deux figures éloignées, on pense par exemple à Richter et à Lugansky. Mais voilà qui n'est pas un hasard. Tatyana Nikolaïeva fut le professeur de ce dernier.

Il y a incontestablement une manière russe s'agissant de l'interprétation de Bach (mais pas seulement), mélange paradoxal d'obsession architecturale et de lyrisme débridé.
D'où le caractère envoûtant et unique. 

Titanesque.